Une escroquerie peut commencer par un appel, un SMS, un message sur les réseaux sociaux ou une rencontre en ligne. L’escroc se fait passer pour une banque, une administration, un proche ou une personne séduisante. Son objectif reste le même : vous pousser à remettre de l’argent, un bien ou des informations personnelles.
Vous avez un doute ? Ne répondez pas dans l’urgence. Vérifiez l’identité de votre interlocuteur, conservez les preuves et contactez rapidement votre banque si vous avez communiqué des données bancaires. Si vous avez subi un préjudice, vous pouvez aussi porter plainte.
Table des matières
Escroquerie : de quoi parle-t-on ?
L’escroquerie consiste à tromper une personne pour l’amener à remettre volontairement de l’argent, un bien ou une information. L’escroc peut utiliser un faux nom, une fausse qualité ou des manœuvres frauduleuses. Cette définition figure à l’article 313-1 du Code pénal.
Par exemple, une personne peut se faire passer pour un conseiller bancaire. Elle vous demande alors de valider une opération prétendument urgente. Vous pensez protéger votre compte. En réalité, vous autorisez un virement ou transmettez un code à un escroc.
L’escroquerie est différente d’un simple litige. Un client mécontent ou une entreprise qui n’exécute pas correctement un contrat ne commet pas forcément une escroquerie. Il faut rechercher une tromperie et une intention d’obtenir un bien, une somme ou un service.
Quels sont les signes d’une arnaque ?
Certains signaux doivent vous alerter. Un seul indice ne suffit pas toujours. En revanche, plusieurs signaux réunis doivent vous inciter à interrompre l’échange.
Méfiez-vous notamment :
- d’une demande d’argent urgente ;
- d’une promesse de gain facile ou très élevé ;
- d’un interlocuteur qui vous demande un code reçu par SMS ;
- d’un message qui vous menace de fermer votre compte ;
- d’un lien qui vous renvoie vers un site inhabituel ;
- d’un contact qui refuse de vérifier son identité ;
- d’une personne qui vous demande de garder la conversation secrète.
Une banque, une administration ou un opérateur ne vous demandera pas votre mot de passe. En cas de doute, raccrochez. Contactez ensuite l’organisme avec son numéro officiel, trouvé sur son site ou sur vos documents habituels.
L’hameçonnage, ou phishing, repose souvent sur un SMS ou un courriel qui imite une banque, un opérateur, un service de livraison ou une administration.
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- la personne refuse les appels vidéo ou trouve toujours une excuse ;
- ses photos semblent appartenir à quelqu’un d’autre ;
- son histoire change au fil des échanges ;
- elle habite loin ou prétend être bloquée à l’étranger ;
- elle demande rapidement de l’argent ;
- elle réclame des cartes prépayées, des virements ou des photos intimes ;
- elle vous demande de ne parler à personne de votre relation.
- les numéros de téléphone ;
- les adresses électroniques ;
- les liens vers les profils ;
- les relevés bancaires ;
- les justificatifs de paiement ;
- les annonces et contrats ;
- la chronologie des échanges.
- analyser les échanges et les paiements ;
- identifier les infractions possibles ;
- organiser les preuves ;
- rédiger une plainte au procureur ;
- vous accompagner dans une constitution de partie civile ;
- demander réparation de votre préjudice ;
- vous aider à contester le refus de remboursement d’une banque, lorsque les conditions sont réunies.
- Comment porter plainte pour escroquerie sur internet
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- Article 313-1 du Code pénal – Légifrance.
- Escroquerie – Service-Public.fr.
- Je suis victime d’une arnaque, d’une fraude ou d’une escroquerie – Justice.fr.
- Plainte en ligne – Justice.fr.
- Fraude au faux conseiller bancaire – Cybermalveillance.gouv.fr.
- Que faire en cas de phishing ou hameçonnage ? – Cybermalveillance.gouv.fr.
- Cour de cassation, chambre commerciale, 23 octobre 2024, n° 23-16.267 – commentaire de la Direction des affaires juridiques.
- Cour d’appel de Paris, 22 mai 2025, RG n° 24/02286 et n° 24/02984 – analyse de la décision.
- Victime d’une arnaque – Autorité des marchés financiers.
Quels numéros de portable faut-il éviter ?
Il n’existe pas de liste fiable de numéros en 06 ou en 07 qu’il faudrait tous éviter. Un numéro qui commence par 06 peut appartenir à une personne réelle. À l’inverse, un escroc peut utiliser un numéro qui semble normal.
Les fraudeurs peuvent aussi usurper un numéro. Le numéro affiché sur votre téléphone ne prouve donc pas l’identité de la personne qui vous appelle. Cette technique, appelée spoofing, a notamment été utilisée dans des fraudes au faux conseiller bancaire.
Le bon réflexe consiste à se méfier du comportement, et non d’un indicatif précis. Ne communiquez jamais un code bancaire pendant un appel inattendu. Ne validez pas une opération sous la pression. Enfin, ne rappelez pas un numéro reçu dans un SMS douteux.
Vous pouvez signaler un SMS frauduleux au 33700. Vous pouvez aussi signaler certains contenus en ligne sur la plateforme Pharos. Si vous avez subi un préjudice, ces signalements ne remplacent pas le dépôt de plainte.
Comment reconnaître un brouteur ?
Un brouteur est une personne qui utilise Internet pour tromper ses victimes. Le terme désigne souvent les auteurs d’arnaques sentimentales. Ils créent un faux profil et construisent progressivement une relation de confiance.
Plusieurs signes peuvent vous alerter :
Ne versez pas d’argent pour “débloquer” une rencontre, payer des soins ou régler un problème de transport. De même, ne transmettez pas de document d’identité ou de contenu intime. Ces éléments peuvent ensuite servir à vous faire pression.
Si vous avez déjà envoyé de l’argent, ne culpabilisez pas. Les escrocs utilisent des techniques de manipulation. Coupez le contact, sauvegardez les échanges et demandez conseil rapidement.
Quelles sont les fraudes les plus courantes ?
Les escroqueries prennent des formes différentes. Les méthodes évoluent, mais le mécanisme reste souvent le même : l’escroc crée un sentiment d’urgence ou de confiance.
Le faux conseiller bancaire
L’escroc vous appelle en se présentant comme un conseiller. Il affirme qu’une opération suspecte est en cours sur votre compte. Il vous demande alors de valider une opération ou de communiquer un code.
Ne validez rien pendant l’appel. Raccrochez et contactez votre banque par ses canaux habituels. Si une opération frauduleuse a été réalisée, prévenez immédiatement votre banque et faites opposition si nécessaire.
L’hameçonnage
L’hameçonnage, ou phishing, repose sur un faux SMS ou un faux courriel. Le message peut imiter une banque, un opérateur, un service de livraison ou une administration. Il vous invite à cliquer sur un lien ou à saisir vos identifiants.
Ne cliquez pas sur le lien. Ouvrez directement l’application ou le site officiel de l’organisme concerné. Vous pourrez ainsi vérifier si le message est réel.
La fausse annonce
L’escroc publie une annonce pour vendre un bien, louer un logement ou proposer un emploi. Il demande ensuite un acompte ou des frais avant toute rencontre.
Méfiez-vous d’un prix très inférieur au marché. Vérifiez aussi l’identité du vendeur, les conditions de paiement et l’existence réelle du bien ou de l’entreprise.
L’arnaque aux placements
L’escroc promet un rendement élevé et sans risque. Il utilise parfois le nom d’une banque, d’une personnalité ou d’une société connue. Il peut aussi créer un faux espace client pour donner l’impression que votre argent progresse.
Ne versez pas d’argent avant d’avoir vérifié l’intermédiaire. Les promesses de gains rapides doivent vous alerter. En cas de placement frauduleux, rassemblez les documents et consultez les recommandations de l’Autorité des marchés financiers.
Une affaire jugée en France : le faux conseiller bancaire
Les escroqueries au faux conseiller bancaire ont donné lieu à plusieurs décisions récentes. Elles montrent qu’une victime peut parfois obtenir le remboursement des sommes perdues, même si elle a validé une opération sous la pression de l’escroc.
Dans un arrêt du 23 octobre 2024, la Cour de cassation a jugé qu’un client victime d’un faux conseiller bancaire n’avait pas commis de négligence grave dans les circonstances de l’affaire. La banque devait donc rembourser les sommes prélevées. La décision est référencée sous le numéro 23-16.267 et est présentée par la Direction des affaires juridiques du ministère de l’Économie.
Dans cette affaire, l’escroc avait utilisé un scénario crédible pour mettre le client en confiance. Le fait d’avoir validé une opération ne suffisait donc pas, à lui seul, à prouver une négligence grave. Cette décision ne signifie pas que la banque rembourse automatiquement toute fraude. Les juges examinent les circonstances de chaque dossier : numéro usurpé, messages reçus, comportement de l’escroc, opérations réalisées et réactions de la victime.
D’autres juridictions ont adopté une approche similaire. Par exemple, la cour d’appel de Paris a confirmé, le 22 mai 2025, le remboursement d’une cliente victime d’une fraude au faux conseiller. La banque ne démontrait pas que la cliente avait commis une négligence grave. Cet exemple montre l’importance des preuves. Le numéro affiché, les SMS, les captures d’écran et la chronologie des opérations peuvent influencer l’issue du dossier.
Que faire si vous êtes victime d’une escroquerie ?
Agissez dans l’ordre. Vos premières démarches peuvent limiter les conséquences et faciliter l’enquête.
1. Stoppez le contact
Ne répondez plus à l’escroc. Ne versez pas de nouvelle somme pour récupérer votre argent. Les fraudeurs peuvent revenir avec une nouvelle promesse ou se faire passer pour un service chargé de vous aider.
2. Prévenez votre banque
Si vous avez transmis des données bancaires ou constaté un débit, contactez votre banque sans attendre. Faites opposition si nécessaire et demandez quelles opérations peuvent être contestées.
3. Conservez toutes les preuves
Ne supprimez pas les messages, courriels ou conversations. Faites des captures d’écran. Conservez aussi :
Ces éléments peuvent aider à identifier l’auteur et à démontrer le préjudice. Dans un dossier bancaire, ils peuvent aussi servir à discuter la responsabilité de la banque et l’existence d’une éventuelle négligence grave.
4. Portez plainte
Vous pouvez déposer plainte dans un commissariat ou une brigade de gendarmerie. Vous pouvez aussi écrire au procureur de la République. Dans certaines situations, une plainte en ligne est possible, notamment lorsque l’auteur d’une atteinte aux biens est inconnu.
Décrivez les faits dans l’ordre. Indiquez les sommes versées, les informations communiquées et les conséquences subies. Joignez les preuves dont vous disposez.
Pour certaines escroqueries sur Internet, le service THESEE peut être utilisé. Le commissariat, la gendarmerie ou le site officiel vous indiquera la démarche adaptée. Le site Justice.fr rappelle les démarches ouvertes aux victimes.
A LIRE : Deposer plainte : on vous guide pas à pas
Quand faut-il consulter un avocat ?
Un avocat peut vous aider à qualifier les faits et à présenter une plainte claire. Il peut aussi vous accompagner lorsque le préjudice est important, lorsque l’auteur est identifié ou lorsque l’escroquerie concerne plusieurs victimes.
Il peut notamment :
Si vous êtes victime d’une escroquerie, n’attendez pas pour agir. Prenez rendez-vous avec un avocat afin de faire le point sur votre situation et les démarches utiles.
Besoin d’aide maintenant ?
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Sources
Cet article a une visée informative. Il ne constitue pas un conseil juridique personnalisé.
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