Le youtubeur Greg Guillotin a été placé en garde à vue lundi 28 septembre 2026, à 9 heures, dans l’Essonne, a annoncé son avocat. Son ancienne compagne, âgée de 27 ans, avait porté plainte le 17 juin pour des violences conjugales, physiques et psychologiques, et pour du harcèlement. Le parquet d’Évry a ouvert une enquête pour violences habituelles sur conjoint et harcèlement moral.
D’après les extraits de la plainte publiés par Le Parisien, la jeune femme dénonce des coups portés à partir de 2022. Elle décrit aussi des caméras installées au domicile, des insultes et des reproches lorsqu’elle tardait à répondre à un message. Le second délit visé par l’enquête, le harcèlement moral au sein du couple, porte sur ce type de comportements lorsqu’ils se répètent.
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Début septembre, Greg Guillotin a reconnu publiquement avoir été violent envers son ancienne compagne. Il reste présumé innocent : aucun tribunal ne s’est prononcé, et l’enquête doit encore établir les faits et leur qualification.
Que sait-on de l’affaire ?
La plaignante a rencontré Greg Guillotin sur les réseaux sociaux. Elle avait alors 19 ans et lui 35, selon l’avocat de la jeune femme, Me Jean-Baptiste Riolacci. Elle l’accuse de violences répétées entre 2019 et 2026, pendant leur relation. Selon sa plainte, que cite franceinfo, les premiers coups datent d’avril 2022, au domicile du couple, en banlieue parisienne. D’autres auraient suivi jusqu’en 2024, notamment pendant des voyages.
La plainte porte aussi sur la vie quotidienne. Un an avant la séparation, Greg Guillotin aurait fait poser des caméras dans la maison, en invoquant la surveillance d’un artisan venu faire des travaux. La plaignante affirme qu’elles servaient également à l’observer. Il lui aurait adressé « immédiatement des reproches » lorsqu’elle « se reposait, tardait à répondre à ses messages ou n’exécutait pas les tâches attendues ». « Ma cliente a fait preuve d’un grand courage en dénonçant des années de coups, d’insultes et de dénigrement », a déclaré Me Riolacci.
Le 5 septembre, l’humoriste de 43 ans, suivi par plus de 4 millions d’abonnés sur YouTube, a publié une déclaration. « Chez moi, à plusieurs reprises, j’ai aussi été violent avec la personne qui partageait ma vie », écrit-il. Il dit avoir « honte » et suivre une thérapie. Sur « les autres faits visés par la plainte », il annonce qu’il s’expliquera « devant les enquêteurs, pas ici ». Ce lundi, son avocat, Me Tom Michel, a assuré que son client « ne cherche pas à se dérober et entend assumer les responsabilités qui sont les siennes ».
Cette déclaration publique peut constituer un élément du dossier. Elle ne dispense pas la justice d’établir précisément chacun des faits, leur contexte et leur qualification pénale.
Violences conjugales : quels sont les deux délits visés par l’enquête ?
Le harcèlement moral au sein du couple
Le Code pénal punit le fait de harceler son conjoint, son partenaire de Pacs ou son concubin « par des propos ou comportements répétés ». La répétition ne suffit pas. Ces agissements doivent dégrader les conditions de vie de la victime, et cette dégradation doit altérer sa santé physique ou mentale. Des caméras ou des reproches quotidiens peuvent donc constituer le délit, à condition que l’enquête établisse leur répétition et leurs effets sur la plaignante.
La peine dépend de l’incapacité totale de travail, l’ITT, que fixe un médecin. L’ITT ne se confond pas avec un arrêt de travail : le médecin peut la retenir pour les seules conséquences psychologiques des faits, un état anxieux ou dépressif par exemple. Jusqu’à huit jours d’ITT, ou en l’absence d’ITT, l’auteur encourt trois ans de prison et 45 000 euros d’amende. La peine passe à cinq ans au-delà de huit jours, ou lorsqu’un enfant a assisté aux faits. Elle atteint dix ans lorsque le harcèlement a conduit la victime à se suicider ou à tenter de le faire. Le même texte prévoit des peines identiques quand l’auteur est un ancien conjoint ou un ancien concubin.
Les violences habituelles sur conjoint
Les coups relèvent d’autres textes. Une violence isolée commise par un conjoint ou un concubin est punie de trois ans de prison, même sans ITT. Lorsque les violences se répètent, le parquet peut retenir les violences habituelles. La peine encourue est alors de cinq ans de prison et 75 000 euros d’amende si l’ITT ne dépasse pas huit jours, et de dix ans au-delà. La plainte fait état de coups en 2022, en 2023 et en 2024. Il reviendra à l’enquête de dire si ces faits sont établis et s’ils forment une série.
Le Code pénal n’exige ni mariage ni Pacs pour retenir ces qualifications. Il vise aussi le concubin, « y compris lorsqu’ils ne cohabitent pas ».
La plainte remonte à 2019, soit sept ans en arrière, alors qu’un délit se prescrit en principe par six ans. Pour les violences habituelles, les juges font toutefois courir ce délai à partir du dernier acte de la série. Des faits anciens peuvent ainsi être poursuivis si les violences ont continué.
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Une garde à vue « prévue depuis plusieurs semaines » : comment est-ce possible ?
Me Michel parle d’« une mesure prévue depuis plusieurs semaines et qu’il attendait afin de pouvoir s’expliquer ». Une garde à vue ne commence pas forcément par une interpellation. Dans une enquête préliminaire, les enquêteurs convoquent couramment la personne mise en cause à une date fixée à l’avance. Ils lui notifient son placement en garde à vue à son arrivée.
La garde à vue est une mesure de contrainte : la personne ne peut pas quitter les locaux. Un officier de police judiciaire la décide, sous le contrôle du procureur. Selon le Code de procédure pénale, elle doit être « l’unique moyen » de mener à bien l’enquête. Elle sert par exemple à conduire les auditions et les confrontations qui exigent la présence du suspect, ou à empêcher des pressions sur la victime.
Le suspect peut être assisté d’un avocat dès le début de la mesure, garder le silence et demander à voir un médecin. La garde à vue dure 24 heures. Le procureur peut la prolonger de 24 heures pour un délit puni d’au moins un an de prison. Les deux délits visés ici remplissent cette condition. Notre fiche détaille la durée de la garde à vue et vos droits.
Que peut décider le procureur à la sortie ?
À la fin de la garde à vue, le procureur de la République décide de la suite. Il peut classer l’affaire si l’enquête n’établit pas les faits, ou demander de nouvelles investigations avant de se prononcer. S’il estime les faits établis, il peut proposer une mesure alternative aux poursuites, comme un stage de responsabilisation. En revanche, la loi lui interdit de recourir à la médiation dans les affaires de violences au sein du couple.
Le procureur peut aussi renvoyer la personne devant le tribunal correctionnel, à une date ultérieure ou le jour même, en comparution immédiate. Si elle reconnaît les faits, il peut lui proposer un « plaider-coupable » : elle accepte une peine, qu’un juge doit ensuite valider. Cette voie est fermée lorsque les violences sont punies de plus de cinq ans de prison. Enfin, lorsque le dossier demande une enquête plus longue, le procureur saisit un juge d’instruction.
En cas de poursuites, un juge peut placer la personne sous contrôle judiciaire jusqu’au procès. Elle doit alors respecter des obligations, comme l’interdiction d’entrer en relation avec la plaignante « de quelque façon que ce soit ».
Victime ou mis en cause : vers qui se tourner ?
Si vous subissez des violences de votre partenaire ou de votre ex, appelez le 17 en cas de danger immédiat. Le 3919 écoute et oriente gratuitement les victimes de violences conjugales. Policiers et gendarmes sont tenus d’enregistrer votre plainte, sans rendez-vous. Faites constater par un médecin vos blessures et votre état psychologique, et conservez les messages reçus.
Sans attendre l’issue de l’enquête, vous pouvez demander au juge aux affaires familiales une ordonnance de protection, y compris contre un ancien compagnon. Le juge statue dans un délai maximal de six jours à compter de la fixation de la date de l’audience, selon service-public.fr. Une autre fiche décrit le rôle de l’avocat face aux violences conjugales.
Si la police ou la gendarmerie vous convoque pour des faits de cette nature, vous avez droit à un avocat dès le début de la garde à vue. Vous pouvez aussi garder le silence. Évitez tout contact avec la personne qui a porté plainte, même pour présenter des excuses : les enquêteurs peuvent y voir une pression. Notre fiche accusé de violences conjugales, que faire détaille cette phase.
À l’heure où nous publions, lundi 28 septembre, la garde à vue de Greg Guillotin est en cours. Nous mettrons cet article à jour lorsque le parquet d’Évry aura fait connaître sa décision.
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