Droit de la famille
Le divorce pour faute permet à un époux de demander la dissolution du mariage en raison des manquements graves de son conjoint aux obligations du mariage. Cette procédure nécessite de rapporter la preuve de faits précis constituant une violation grave ou renouvelée des devoirs conjugaux. Dans cet article, vous découvrirez les fautes reconnues par le juge, les preuves à constituer, les étapes de la procédure, et les conséquences financières d’un divorce prononcé aux torts exclusifs ou partagés.
Table des matières
Qu’est-ce que le divorce pour faute ?
Le divorce pour faute constitue l’une des quatre formes de divorce en France. Il se distingue par la nécessité de prouver des fautes graves du conjoint.
Cette procédure trouve son fondement dans l’article 242 du Code civil. Cet article définit les conditions précises à remplir. En effet, vous devez démontrer que votre conjoint a commis des faits graves. Ces faits doivent rendre intolérable le maintien de la vie commune.
Par conséquent, le juge examine si les manquements constituent des violations des devoirs du mariage. Les époux doivent respecter plusieurs obligations : fidélité, assistance, contribution aux charges. Ainsi, toute violation grave peut justifier un divorce pour faute.
Bon à savoir : Le divorce pour faute représente environ 10 % des divorces prononcés en 2023. Cette procédure reste minoritaire en raison de sa durée et de son coût élevé.
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Quelles fautes permettent de demander un divorce pour faute ?
Le Code civil ne dresse pas de liste exhaustive des fautes. Néanmoins, le juge reconnaît certaines catégories de manquements. Voici les fautes les plus fréquemment invoquées dans la jurisprudence.
L’adultère
L’adultère viole le devoir de fidélité prévu par l’article 212 du Code civil. Cette faute peut justifier un divorce pour faute. Toutefois, elle ne suffit pas toujours à elle seule.
En pratique, le juge examine plusieurs critères :
- si l’adultère a rendu intolérable le maintien de la vie commune
- la durée de la relation extraconjugale
- le caractère public ou discret.
Pour aller plus loin, lisez notre article : Adultère et divorce : Ce que vous devez savoir
Les violences conjugales
Les violences constituent des fautes graves reconnues par tous les juges. Elles peuvent être physiques, psychologiques ou verbales. Ces comportements violent le devoir de respect mutuel entre époux.
Par conséquent, le juge prononce systématiquement le divorce aux torts exclusifs de l’époux violent. De plus, il peut octroyer des dommages et intérêts à la victime.
A LIRE : Les 4 étapes de l’avocat pour vous défendre contre des violences conjugales
L’abandon du domicile conjugal
Le départ du domicile conjugal sans motif légitime constitue une faute. Toutefois, il faut que ce départ se prolonge dans le temps. Il faut également que l’époux refuse de reprendre la vie commune.
Ainsi, le juge vérifie que le départ était injustifié. Il examine si ce départ traduit une volonté de mettre fin à la vie commune.
A LIRE : Comment faire constater l’abandon du domicile conjugal
Le manquement à la contribution aux charges
Le refus de contribuer aux charges du mariage constitue une faute grave. Cette obligation figure à l’article 214 du Code civil. En effet, les époux doivent contribuer aux charges à proportion de leurs ressources.
Par conséquent, le refus délibéré et prolongé peut justifier un divorce pour faute. Le juge examine la situation financière de chaque époux.
Les injures graves et répétées
Les insultes et humiliations peuvent constituer une faute. Toutefois, elles doivent être répétées et caractériser un mépris envers le conjoint. Le juge examine la gravité des propos tenus. Il évalue également leur impact sur la victime.
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Quelles preuves faut-il apporter pour un divorce pour faute ?
Vous devez apporter la preuve des fautes que vous invoquez. Cette preuve peut prendre plusieurs formes. Néanmoins, elle doit respecter les règles de loyauté.
Les modes de preuve admis
Plusieurs types de preuves sont recevables devant le juge. Vous pouvez produire des témoignages écrits de proches ou de voisins. Les constats d’huissier constituent également des preuves solides.
De plus, les certificats médicaux prouvent les violences physiques. Les échanges de courriels ou de SMS démontrent les injures ou les menaces. Enfin, les relevés bancaires établissent le manquement à la contribution aux charges.
Les preuves illicites ou déloyales
Le juge écarte les preuves obtenues de manière déloyale. Par exemple, vous ne pouvez pas consulter frauduleusement les courriels du conjoint. Vous ne pouvez pas installer de logiciel espion sur son téléphone.
En revanche, les preuves découvertes fortuitement restent admissibles. Ainsi, un message affiché sur un téléphone laissé ouvert peut être produit en justice.
Attention La preuve doit porter sur des faits précis et datés. Une simple allégation générale ne suffit jamais. Vous devez indiquer les dates, les lieux et les circonstances exactes.
Comment se déroule la procédure de divorce pour faute ?
La procédure de divorce pour faute se déroule devant le juge aux affaires familiales. Elle nécessite obligatoirement l’assistance d’un avocat pour chacun des époux. Voici les différentes étapes à suivre.
La requête initiale et la tentative de conciliation
Vous devez d’abord saisir le juge par une requête en divorce. À ce stade, vous ne mentionnez pas encore les fautes reprochées. Le juge convoque ensuite les époux à une audience de conciliation.
Lors de cette audience, le juge entend séparément puis ensemble les époux. Il tente de les réconcilier. En pratique, il peut également les orienter vers une autre forme de divorce.
L’ordonnance de non-conciliation
Si la conciliation échoue, le juge rend une ordonnance de non-conciliation. Cette ordonnance autorise les époux à résider séparément. Elle fixe également la résidence des enfants et une pension alimentaire.
De plus, elle peut attribuer la jouissance du domicile conjugal à l’un des époux. Cette ordonnance organise ainsi la vie des époux pendant toute la durée de la procédure.
L’assignation en divorce et l’instruction
Après l’ordonnance de non-conciliation, vous disposez de 30 mois pour assigner votre conjoint. C’est dans cette assignation que vous exposez les fautes reprochées. Vous devez produire vos preuves à ce moment-là.
Ensuite, votre conjoint peut présenter ses défenses. Il peut également former une demande reconventionnelle en invoquant des fautes de votre part.
Le jugement de divorce
À l’issue de l’instruction, le juge rend un jugement. Il prononce ou rejette le divorce selon les preuves apportées. Si le divorce est prononcé, le juge indique les torts.
Ainsi, le divorce peut être prononcé aux torts exclusifs d’un époux ou aux torts partagés. Le jugement fixe également les conséquences : prestation compensatoire, liquidation du régime matrimonial, résidence des enfants.
Quelles sont les conséquences d’un divorce pour faute ?
Le divorce pour faute entraîne des conséquences spécifiques. Ces conséquences diffèrent selon que le divorce est prononcé aux torts exclusifs ou aux torts partagés.
Les conséquences du divorce aux torts exclusifs
Lorsque le divorce est prononcé aux torts exclusifs d’un époux, celui-ci peut être condamné. Il doit alors verser des dommages et intérêts pour réparer le préjudice moral causé.
De plus, le juge peut refuser d’accorder une prestation compensatoire à l’époux fautif. Il peut également réduire son montant. Cette sanction financière vise à indemniser le conjoint victime.
Les conséquences du divorce aux torts partagés
Si le juge considère que les deux époux ont commis des fautes, il prononce le divorce aux torts partagés. Dans ce cas, aucun époux ne peut réclamer de dommages et intérêts à l’autre.
Néanmoins, la prestation compensatoire reste possible. Le juge l’accorde si l’un des époux subit une disparité importante dans ses conditions de vie après le divorce.
Les autres conséquences du divorce
Le divorce entraîne la dissolution du régime matrimonial. Il implique également la liquidation et le partage des biens communs. Les époux perdent certains droits, comme les droits successoraux.
En revanche, l’autorité parentale continue d’être exercée conjointement par les deux parents. Le juge peut toutefois décider autrement dans l’intérêt des enfants.
| Divorce aux torts exclusifs | Divorce aux torts partagés |
| Dommages et intérêts possibles | Aucun dommage et intérêt |
| Prestation compensatoire refusée ou réduite | Prestation compensatoire possible |
| Sanction morale importante | Responsabilité partagée reconnue |
Bon à savoir Le divorce pour faute n’a aucune incidence sur l’autorité parentale. Il n’affecte pas non plus la pension alimentaire pour les enfants. Le juge examine ces aspects dans l’intérêt exclusif des enfants.
Combien de temps dure un divorce pour faute et combien coûte-t-il ?
Le divorce pour faute constitue la procédure de divorce la plus longue. C’est également la plus coûteuse. Sa durée varie selon la complexité du dossier et le degré de conflictualité.
La durée de la procédure
En moyenne, un divorce pour faute dure entre 2 et 3 ans. Ce délai court du dépôt de la requête initiale jusqu’au jugement définitif. Cette durée peut se prolonger en cas d’appel du jugement.
En effet, l’appel ajoute 12 à 18 mois supplémentaires. Les délais s’expliquent par les différentes étapes de la procédure. Ils résultent également de l’engorgement des tribunaux.
Le coût de la procédure
Les honoraires d’avocat varient selon la complexité du dossier. Ils dépendent également de la notoriété du cabinet. En moyenne, vous devez compter entre 3 000 et 8 000 € par époux.
À ce montant s’ajoutent les frais de justice. Vous devez prévoir les constats d’huissier et les expertises éventuelles. Enfin, les émoluments du notaire pour la liquidation du régime matrimonial s’ajoutent au coût total.
Pourquoi faire appel à un avocat pour un divorce pour faute ?
Le recours à un avocat constitue une obligation légale pour toute procédure de divorce contentieux. Au-delà de cette obligation, l’avocat spécialisé joue un rôle déterminant.
L’évaluation de la stratégie juridique
L’avocat vous aide à déterminer si le divorce pour faute constitue la meilleure option. Il évalue la solidité des preuves dont vous disposez. Il estime vos chances de succès.
En outre, il peut vous orienter vers une autre forme de divorce si celle-ci présente plus d’avantages. Il examine toutes les options possibles dans votre situation.
La constitution du dossier de preuves
L’avocat vous conseille sur les preuves à rassembler. Il vérifie leur recevabilité juridique. Il constitue ainsi un dossier solide présentant les faits de manière convaincante.
Cette expertise technique s’avère déterminante pour emporter la conviction du juge. En pratique, un dossier bien constitué augmente considérablement vos chances de succès.
La représentation devant le juge
L’avocat vous représente lors de toutes les audiences. Il présente vos arguments et plaide votre cause. Il répond également aux demandes adverses.
Son expérience du contentieux familial constitue un atout précieux. Sa connaissance de la jurisprudence locale lui permet de défendre au mieux vos intérêts.
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En résumé : le divorce pour faute en 2026
Le divorce pour faute permet de dissoudre le mariage en raison de manquements graves du conjoint. Les fautes les plus fréquentes comprennent l’adultère, les violences conjugales et l’abandon du domicile.
Vous devez rapporter la preuve de faits précis par tous moyens loyaux. La procédure se déroule devant le juge aux affaires familiales. Elle dure en moyenne 2 à 3 ans.
Le divorce peut être prononcé aux torts exclusifs ou aux torts partagés. Les conséquences financières diffèrent selon la situation. L’accompagnement d’un avocat spécialisé reste indispensable pour évaluer votre stratégie et défendre vos intérêts.
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