Vendredi, il y en aura forcément un. Le collègue qui arrive en Dracula, cape comprise, ou la DRH avec un chapeau pointu. Est-ce permis ? Oui. Rien dans le code du travail n’interdit de se déguiser. Votre employeur, lui, peut vous demander d’enlever le costume, à condition d’avoir une vraie raison. Et mieux vaut ne pas lui tenir tête.
Peut-on venir déguisé au travail ?
Au bureau, on ne s’habille pas tout à fait comme on veut. En 2003, la Cour de cassation a tranché le cas d’un technicien de la Sagem venu travailler en bermuda. Ses chefs lui avaient demandé, d’abord oralement puis par écrit, de remettre un pantalon sous sa blouse. Il a refusé plusieurs jours de suite et a été licencié. Pour les juges, s’habiller à sa guise au travail « n’entre pas dans la catégorie des libertés fondamentales » (Cass. soc., 28 mai 2003, n° 02-40.273).
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Ça ne donne pas tous les droits au patron. Toute restriction doit être justifiée par le travail à faire, et proportionnée (code du travail). Bannir les oreilles de chat dans un service sans clients, ce serait dur à justifier.
Quand l’employeur peut dire non
Il a de bons arguments dans trois cas.
- Vous recevez des clients. Un conseiller bancaire maquillé en zombie au guichet, c’est autre chose qu’un comptable déguisé derrière son écran.
- Votre sécurité est en jeu. Une cape près d’une machine, un masque qui cache la vue, des lunettes de protection impossibles à mettre. Chaque salarié doit prendre soin de sa sécurité et de celle des autres, en suivant les consignes de l’employeur (code du travail).
- Le règlement intérieur prévoit une tenue. Blouse, uniforme, chaussures de sécurité : il peut l’imposer, s’il reste dans la mesure (code du travail).
Pour le masque qui couvre tout le visage, c’est encore plus simple. À l’accueil, personne ne sait à qui il parle. Votre responsable peut vous demander de l’enlever.
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Le costume qui dérape
Certains déguisements font rire une personne et blessent la suivante. Se grimer pour caricaturer une origine, une religion ou les femmes, ce n’est plus une blague aux yeux de la loi. Le code du travail interdit les agissements sexistes qui créent un environnement « hostile, dégradant, humiliant ou offensant » (code du travail). Il protège aussi contre les discriminations liées à l’origine ou à la religion (code du travail).
Reste l’entêtement. Le salarié au bermuda n’avait pas juste mis un short : il l’avait gardé des jours, en opposition ouverte avec sa hiérarchie. Venir une fois en sorcière sans consigne contraire, ce n’est pas la même chose. Une sanction trop lourde peut être annulée par le conseil de prud’hommes (code du travail). Le plus sûr ? Demander avant de venir en loup-garou.
Et dans la rue samedi ?
« À Halloween, les règles restent les mêmes ! », prévient la préfecture de police de Paris sur ses réseaux. Elle parle d’une amende de 150 euros pour qui cache son visage dans la rue. C’est la loi de 2010. Sauf que cette loi prévoit des exceptions, dont les fêtes (loi du 11 octobre 2010). L’enfant masqué qui réclame des bonbons n’a rien à craindre.
Samedi 31 octobre, il y aura aussi des manifestations. Là, c’est un autre texte. Se cacher le visage sans motif légitime dans un cortège ou à côté, quand des troubles éclatent ou menacent, est un délit. Jusqu’à un an de prison et 15 000 euros d’amende (code pénal). Même masque, autre endroit, autre risque.
Sanctionné pour un costume ? Vous pouvez contester devant le conseil de prud’hommes, avec l’aide d’un avocat en droit social.
Bref, le déguisement est permis, sauf si votre employeur l’interdit pour une bonne raison liée à votre poste. Reste à savoir qui osera dire non à Dracula.
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