Depuis le 23 mars 2026, l’affaire opposant Adriana Karembeu à André Ohanian, le père de leur fille Nina, 7 ans, s’est transformée en bras de fer judiciaire à coups de plaintes croisées. Au cœur de ce conflit, deux infractions pénales principales : la soustraction aux obligations parentales et la corruption de mineur. On vous explique ce que ces termes veulent dire concrètement, ce qu’ils impliquent juridiquement, et ce qu’il se passe quand un divorce dégénère en affaire pénale.
Table des matières
Ce qui s’est passé : la chronologie des faits
Tout commence le 23 mars 2026. André Ohanian transmet un signalement au parquet des mineurs de Paris. L’homme d’affaires s’inquiète de l' »environnement » dans lequel évolue sa fille lorsqu’elle est avec sa mère. Il produit notamment un constat d’huissier établi à partir du contenu de la tablette de l’enfant. Ce constat ferait apparaître des photos à caractère sexuel et des captures d’écran de conversations intimes.
Le même jour, Adriana Karembeu publie un communiqué sur ses réseaux sociaux. Elle y dénonce des « pressions incessantes » et des « tentatives répétées de déstabilisation » de la part de son ex-conjoint. Elle évoque également des « violences verbales et physiques ». Elle écrit notamment : « J’ai fui la violence, mais elle me rattrape. »
Dans la foulée de ce signalement, le parquet de Paris ouvre une enquête pour « soustraction aux obligations parentales » visant Adriana Karembeu. Puis, début mai 2026, la situation s’inverse. Après avoir été entendue dans le cadre de cette enquête, Adriana Karembeu dépose à son tour plusieurs plaintes contre André Ohanian. Elle l’accuse notamment de « corruption de mineur » et de « soustraction aux obligations parentales ».
« Soustraction aux obligations parentales » : de quoi parle-t-on exactement ?
Il s’agit d’une infraction pénale prévue par l’article 227-17 du Code pénal. Elle vise le parent qui manque volontairement à ses obligations légales envers son enfant, au point de compromettre sa santé, sa sécurité, sa moralité ou son éducation. Attention : la loi ne sanctionne pas une erreur passagère ou une simple maladresse. Il faut, en effet, un manquement grave, répété et intentionnel.
Concrètement, trois éléments doivent être réunis pour que l’infraction soit caractérisée. D’abord, un manquement réel aux obligations de l’autorité parentale, telles que définies par l’article 371-1 du Code civil : entretien, éducation, surveillance. Ensuite, une intention : le parent avait conscience de se soustraire à ces obligations. Enfin, un préjudice : ce manquement a concrètement compromis le bien-être de l’enfant.
Ainsi, un parent qui prive régulièrement l’autre de ses droits de visite, qui refuse d’emmener l’enfant chez le médecin malgré une ordonnance du juge, ou qui l’expose délibérément à un environnement dangereux peut tomber sous le coup de cette infraction. Dans l’affaire Karembeu, c’est précisément ce cadre légal qu’André Ohanian a invoqué dans son signalement, en s’appuyant sur le constat d’huissier relatif à la tablette de l’enfant.
La peine prévue est de 2 ans d’emprisonnement et 30 000 euros d’amende. Par ailleurs, si le parent condamné continue de se soustraire à ses obligations pendant plus de six mois après sa condamnation, la situation peut être requalifiée en abandon de famille. C’est une infraction encore plus grave, qui peut entraîner la perte de l’autorité parentale.
Bon à savoir : Le parquet peut ouvrir une enquête pour soustraction aux obligations parentales sans dépôt préalable de plainte. Un simple signalement suffit, comme c’est le cas ici. C’est ensuite le procureur qui décide de la suite : classement sans suite, enquête préliminaire, ou saisine du juge des enfants.
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C’est quoi la « corruption de mineur » ?
Il s’agit d’une infraction nettement plus grave, prévue par l’article 227-22 du Code pénal. Elle punit le fait de « favoriser ou tenter de favoriser la corruption d’un mineur ». La formulation est volontairement large. Elle couvre ainsi des comportements très variés.
Concrètement, il peut s’agir d’exposer un enfant à des contenus sexuels. Cela peut aussi être le fait de le faire assister à des scènes ou réunions à caractère sexuel. Plus généralement, l’infraction vise toute situation qui intègre un mineur dans un environnement sexualisé inadapté à son âge. Notamment, l’infraction n’exige pas de contact physique avec l’enfant. Un contenu numérique ou une mise en situation peuvent donc suffire à déclencher des poursuites.
Des peines bien plus lourdes
La peine de base est de 5 ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende. Des circonstances aggravantes la font cependant monter significativement :
| Situation | Peine maximale |
|---|---|
| Corruption de mineur simple | 5 ans + 75 000 € |
| Contact via réseau numérique public | 7 ans + 100 000 € |
| Victime de moins de 15 ans | 10 ans + 150 000 € |
| Faits en bande organisée | 10 ans + 1 000 000 € |
Dans l’affaire Karembeu, la fille des protagonistes a 7 ans. Dès lors, si les faits reprochés étaient avérés et qualifiés sous cet article, la circonstance aggravante liée à l’âge de la victime s’appliquerait automatiquement.
Un signalement au parquet : comment ça fonctionne ?
Il ne faut pas confondre signalement et plainte. Ce sont deux actes distincts avec des effets très différents.
Le signalement
C’est une transmission d’information au procureur de la République. Il peut être fait par n’importe qui : un parent, un médecin, un enseignant, un avocat. Il informe ainsi le parquet d’une situation préoccupante concernant un mineur. C’est ensuite le parquet qui décide s’il ouvre une enquête, classe sans suite, ou saisit le juge des enfants.
La plainte
En revanche, la plainte est un acte formel qui déclenche directement l’action publique. Elle peut être déposée au commissariat, à la gendarmerie ou auprès du procureur. Une plainte visant une personne nommément désignée, avec des éléments de preuve à l’appui, a donc plus de chances de déboucher sur une enquête pénale.
Dans cette affaire, André Ohanian a d’abord transmis un signalement. Ce signalement a suffi pour que le parquet ouvre une enquête. Puis les deux protagonistes ont déposé des plaintes l’un contre l’autre.
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Plainte contre plainte : une stratégie courante dans les divorces conflictuels ?
Quand un divorce bascule dans le conflit, les plaintes croisées deviennent un outil de pression. Chaque partie tente ainsi d’affaiblir la position de l’autre devant le juge aux affaires familiales (JAF). C’est lui qui fixe la garde, la résidence et les droits de visite.
Pourtant, cette stratégie est à double tranchant. Le parquet ne classe pas automatiquement une plainte parce qu’elle émane d’un divorce conflictuel. Si les faits sont suffisamment graves et étayés, une enquête s’ouvre et suit son cours. Par ailleurs, une plainte manifestement abusive ou mensongère peut elle-même exposer son auteur à des poursuites pour dénonciation calomnieuse.
C’est précisément pourquoi, dans un divorce conflictuel, l’accompagnement d’un avocat spécialisé en droit de la famille dès les premières tensions peut éviter que la situation n’escalade jusqu’au pénal. Un professionnel aide à documenter les faits, à protéger l’intérêt de l’enfant, et à éviter les démarches qui se retournent contre leur auteur.
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Bon à savoir : Dans ce type d’affaire, le juge aux affaires familiales peut être saisi en urgence via une procédure de référé. Il peut ainsi modifier provisoirement les modalités de garde ou ordonner une expertise psychologique de l’enfant. Les deux procédures, civile et pénale, peuvent se dérouler en parallèle.
Ce que cette affaire rappelle à tout le monde
L’affaire Karembeu n’est pas seulement une affaire de people. Elle illustre en effet une réalité que vivent des milliers de familles en France chaque année : un divorce qui dérape, des accusations qui s’accumulent, des enfants pris en étau.
Ce que la loi cherche à protéger, dans toutes ces infractions, c’est l’intérêt supérieur de l’enfant : pas les intérêts des adultes en conflit. C’est pourquoi les juges, qu’ils soient civils ou pénaux, regardent toujours en priorité ce qui est bon pour le mineur, au-delà des accusations croisées.
Pour aller plus loin
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