Vendre un bien en copropriété ne consiste pas seulement à trouver un acheteur et à signer chez le notaire. Vous devez aussi respecter des règles spécifiques liées à la vie de l’immeuble, fournir de nombreux documents de copropriété et anticiper la répartition des charges et des travaux. On vous explique les grandes étapes pour vendre un lot en copropriété et les points de vigilance à avoir en tête.
Table des matières
1. Vendre un bien en copropriété : qu’est-ce que cela veut dire ?
Lorsque vous vendez un appartement en copropriété, vous cédez à la fois :
- votre partie privative (logement, cave, parking, etc.) ;
- vos quotes-parts de parties communes : escalier, toiture, façade, jardin, locaux techniques.
L’acheteur doit donc savoir dans quelle copropriété il arrive. La loi vous impose de lui communiquer des informations sur :
- l’état de l’immeuble ;
- la situation financière de la copropriété (charges, dettes, éventuels impayés) ;
- la situation de votre lot : charges courantes, travaux votés, litiges.
Bon à savoir : la plupart de ces informations viennent du syndic, mais c’est au vendeur de les demander, puis de les transmettre à son notaire ou à l’agent immobilier.
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2. Les documents à préparer avant de vendre un bien en copropriété
Pour vendre un bien en copropriété, vous devez réunir deux grandes catégories de pièces : les diagnostics techniques et les documents de copropriété.
a) Les diagnostics techniques obligatoires
Comme pour toute vente immobilière, vous devez fournir un dossier de diagnostic technique :
- diagnostic de performance énergétique (DPE) ;
- diagnostic amiante pour les immeubles anciens ;
- diagnostic plomb, gaz, électricité selon l’âge et l’installation ;
- état des risques (inondation, sismicité, pollution, etc.).matera+1
Ces diagnostics concernent votre lot privatif. S’il existe des diagnostics réalisés sur les parties communes, le syndic doit également les mettre à disposition.
Pour en savoir plus : Diagnostics immobiliers obligatoires pour la vente : on vous guide pas à pas
b) Les documents propres à la copropriété
Avant la signature du compromis, vous devez notamment remettre à l’acquéreur :
- le règlement de copropriété et l’état descriptif de division ;
- les procès-verbaux des trois dernières assemblées générales ;
- le carnet d’entretien de l’immeuble ;
- les informations sur le plan pluriannuel de travaux et le fonds de travaux, s’il existe ;
- l’état daté établi par le syndic, qui récapitule : charges à jour, dettes éventuelles, avances, et part du fonds travaux attachée au lot.
Ces éléments permettent à l’acheteur de vérifier si la copropriété est bien gérée, si des travaux lourds sont votés et si les charges sont raisonnables.
Bon à savoir : l’état daté est payant et facturé par le syndic. Son montant est encadré, mais il reste à la charge du vendeur, sauf accord différent avec l’acheteur.
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- les ventes récentes dans l’immeuble ou le quartier ;
- l’état général de la résidence ;
- les travaux votés ou à l’étude et leur impact sur le budget de l’acheteur.pap+1
- la surface « loi Carrez » du lot ;
- la quote-part de charges annuelles ;
- l’existence d’impayés de charges du vendeur ;
- les travaux déjà votés et la répartition du coût entre vendeur et acquéreur.
- votre titre de propriété ;
- les informations fournies par le syndic ;
- l’absence d’hypothèques ou de saisies particulières.immobilier.
- répartit les charges de copropriété entre vendeur et acheteur au prorata de l’année en cours ;
- règle les éventuelles dettes de charges du vendeur avec le prix de vente ;
- informe le syndic du changement de propriétaire.immobilier.
- le lot est détenu en indivision ou en pleine procédure de divorce ;
- des travaux importants et coûteux ont été votés et vous contestez cette décision ;
- la copropriété connaît des conflits lourds (impayés massifs, procédure contre le syndic, désordres graves dans l’immeuble) ;
- l’acheteur se rétracte ou reproche un vice caché ou un défaut d’information après la vente.
3. Les grandes étapes pour vendre un bien en copropriété
a) Estimer le prix en tenant compte de la copropriété
L’estimation doit prendre en compte :
Une copropriété bien entretenue, avec un plan de travaux clair, rassure les acheteurs. À l’inverse, des charges très élevées ou des litiges récurrents peuvent faire baisser le prix.
b) Mettre en vente et signer le compromis
Une fois l’acheteur trouvé, vous signez un compromis de vente ou une promesse de vente. Pour un bien en copropriété, ce document doit préciser notamment :
L’acquéreur dispose ensuite d’un délai de rétractation de 10 jours après la notification du compromis. Pendant ce délai, il peut renoncer à la vente sans justification et récupérer son dépôt de garantie.
A LIRE : Promesse de vente : les pièges à éviter avant de signer
c) Finaliser la vente chez le notaire
Avant l’acte définitif, le notaire vérifie :
Au moment de la signature, le notaire :
À compter de cette information, le nouvel acquéreur devient officiellement copropriétaire et sera convoqué en assemblée générale.
Bon à savoir : si des travaux ont été votés avant l’acte, il faut vérifier dans le compromis qui les paiera. Par défaut, c’est le propriétaire au moment du vote, mais les parties peuvent prévoir une autre répartition dans la promesse ou l’acte.immobilier.
4. Cas particuliers : vendre un bien en copropriété avec d’autres contraintes
a) Bien en indivision ou résidence principale du couple
Si le bien en copropriété appartient à plusieurs personnes (héritiers, ex-conjoints, partenaires), la vente nécessite en principe l’accord de tous les indivisaires. Des règles spécifiques s’appliquent aussi à la résidence principale du couple, où l’accord du conjoint peut être exigé même s’il n’est pas propriétaire.
A LIRE : Comment sortir d’une indivision ? Les solutions légales pour mettre fin au blocage
b) Droit de préemption éventuel
Dans certains montages (vente de plusieurs lots à un même acquéreur, vente de parties communes), d’autres copropriétaires ou la copropriété peuvent bénéficier d’un droit de préemption. Il convient alors de respecter un délai d’offre et d’attente avant de finaliser la vente avec un tiers.
5. Quand consulter un avocat pour vendre un bien en copropriété ?
Dans une vente simple, la combinaison notaire + syndic suffit souvent. En revanche, il est utile de consulter un avocat lorsque :
Un avocat en droit immobilier ou en droit de la copropriété peut vous aider à sécuriser la vente, à négocier la répartition de certains coûts ou à gérer un litige avec la copropriété ou l’acheteur.
Vous envisagez de vendre un bien en copropriété ?
Votre situation est un peu complexe (copropriété en difficulté, indivision, divorce, travaux lourds) ? Un avocat peut vous aider à anticiper les risques, vérifier les documents de copropriété et défendre vos intérêts en cas de désaccord avec le syndic ou l’acheteur.
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