La clause de mobilité permet à un employeur de modifier le lieu de travail d’un salarié. Toutefois, cette possibilité n’est pas automatique. En droit du travail, la loi et la jurisprudence encadrent strictement son usage afin d’éviter les abus. Ainsi, pour être valable et opposable au salarié, la clause de mobilité doit respecter quatre conditions précises. Comprendre ces règles permet de savoir si une mutation peut être imposée ou, au contraire, légitimement refusée.
Table des matières
Qu’est-ce qu’une clause de mobilité géographique ?
La clause de mobilité est une disposition du contrat de travail par laquelle le salarié accepte, par avance, que son employeur puisse modifier son lieu de travail dans une zone définie. Elle est encadrée par la jurisprudence, notamment sur le fondement des articles L1221-1 et L1121-1 du Code du travail, qui imposent le respect des droits du salarié et le principe de proportionnalité.
En pratique, cette clause permet à l’employeur d’imposer un changement de lieu de travail sans modifier le contrat, à condition que la clause soit valable et correctement appliquée.
Cependant, cette faculté n’est pas illimitée. C’est pourquoi le droit du travail fixe des conditions strictes de validité de la clause de mobilité géographique.
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Condition n°1 : la clause doit être écrite et acceptée par le salarié
Tout d’abord, la clause de mobilité doit figurer dans le contrat de travail ou dans un avenant.
Autrement dit, l’employeur ne peut pas imposer une mobilité sur la base :
- d’une note interne,
- d’un usage d’entreprise,
- ou d’une simple décision unilatérale.
En outre, le salarié doit accepter clairement la clause, soit lors de l’embauche, soit lors de la signature d’un avenant. À l’inverse, une clause ajoutée sans son accord n’a aucune valeur.
Sans accord écrit du salarié, la clause est invalide.
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- « partout en France »,
- « dans toutes les filiales du groupe »,
- « selon les besoins de l’entreprise ».
- une région déterminée,
- plusieurs départements nommément désignés,
- ou un périmètre cohérent et compréhensible.
- l’intérêt de l’entreprise,
- un besoin réel d’organisation,
- ou une nécessité économique ou opérationnelle.
- sanctionner un salarié,
- exercer une pression,
- ou contourner une procédure disciplinaire,
- la distance du nouveau lieu de travail,
- les contraintes familiales du salarié,
- le temps nécessaire pour s’organiser,
- l’impact sur la vie personnelle.
- le salarié peut refuser la mutation,
- l’employeur ne peut pas sanctionner ce refus,
- un licenciement fondé sur ce motif peut être jugé sans cause réelle et sérieuse.
- la situation familiale,
- la garde d’enfants,
- l’état de santé,
- ou l’allongement excessif du temps de trajet.
- être écrite et acceptée par le salarié,
- définir une zone géographique précise,
- être mise en œuvre dans l’intérêt de l’entreprise,
- respecter un délai de prévenance raisonnable.
Condition n°2 : la zone géographique doit être définie avec précision
Ensuite, la clause doit prévoir une zone géographique précise et identifiable.
La jurisprudence écarte les clauses trop vagues ou trop larges, comme :
En revanche, la clause peut être valable lorsqu’elle vise :
Ainsi, le salarié doit pouvoir anticiper concrètement l’étendue de sa mobilité au moment de la signature du contrat.
Une clause imprécise ne respecte pas les conditions de validité de la clause de mobilité géographique.
Condition n°3 : l’employeur doit agir dans l’intérêt de l’entreprise
Par ailleurs, même valable sur le papier, la clause ne peut pas être utilisée n’importe comment.
En effet, l’employeur doit justifier la mutation par :
À l’inverse, une mutation décidée pour :
peut être jugée abusive.
La clause de mobilité ne doit jamais servir de sanction déguisée.
Condition n°4 : l’employeur doit respecter un délai de prévenance raisonnable
Enfin, l’employeur doit informer le salarié dans un délai raisonnable avant la mutation.
Même si la loi ne fixe pas de durée précise, les juges examinent notamment :
Ainsi, un délai trop court peut rendre la mise en œuvre de la clause abusive, même si la clause est valable.
Le délai de prévenance fait pleinement partie des conditions de validité de la clause de mobilité géographique.
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Le salarié peut-il refuser une clause de mobilité ?
La réponse dépend du moment et des conditions.
Lors de l’embauche
D’une part, le salarié peut refuser de signer un contrat contenant une clause de mobilité. Dans ce cas, l’employeur peut renoncer à l’embauche, sans commettre de faute.
En cours de contrat
D’autre part, si la clause est valable et correctement appliquée, le refus du salarié peut constituer une faute.
En revanche, si la clause ne respecte pas les conditions de validité de la clause de mobilité géographique, le salarié peut refuser la mutation sans commettre de faute.
Quelles conséquences en cas de clause invalide ou mal appliquée ?
Lorsque la clause est invalide ou mal mise en œuvre, plusieurs conséquences sont possibles.
Ainsi :
Par conséquent, l’employeur s’expose au versement d’indemnités.
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Clause de mobilité et vie personnelle du salarié
Même valable, la clause de mobilité ne doit pas porter une atteinte disproportionnée à la vie personnelle et familiale du salarié.
En pratique, les juges prennent en compte :
Ainsi, le droit du travail cherche à maintenir un équilibre entre les intérêts de l’entreprise et les droits du salarié.
Ce qu’il faut retenir
En résumé, pour être valable, une clause de mobilité doit respecter quatre conditions cumulatives :
À défaut, le salarié peut contester la mutation et, dans certains cas, le licenciement qui en découle.
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