En arrêt maladie, vous ne touchez pas toujours votre salaire habituel. En pratique, la Sécurité sociale verse des indemnités journalières, et votre employeur peut ajouter un complément de salaire sous certaines conditions. C’est pourquoi votre revenu peut baisser, rester proche de votre paie normale, ou parfois être maintenu à 100%.
Table des matières
Arrêt maladie : est-ce que vous allez perdre du salaire ?
Dans beaucoup de cas, un arrêt maladie entraîne une baisse de revenu. En effet, la CPAM ne verse pas votre salaire complet, mais des indemnités journalières calculées sur votre salaire brut antérieur.
Cependant, votre employeur peut devoir compléter cette somme. Ainsi, le montant final dépend de trois éléments :
- les indemnités journalières,
- le complément employeur,
- et, parfois, la prévoyance prévue par votre entreprise.
Concrètement, deux salariés en arrêt maladie peuvent toucher des montants très différents. Par exemple, l’ancienneté, la convention collective et la durée de l’arrêt changent souvent le résultat final.
Comment la Sécurité sociale calcule vos indemnités journalières ?
Les indemnités journalières, aussi appelées IJ, correspondent à 50% de votre salaire journalier de base. Si vous êtes payé chaque mois, ce salaire journalier de base se calcule à partir de vos 3 derniers salaires bruts, divisés par 91,25.
Si vous avez touché 2 000 euros bruts par mois pendant 3 mois, votre salaire journalier de base est de 65,75 euros et votre IJ est de 32,87 euros par jour.
En revanche, vos IJ sont plafonnées. En 2026, elles ne peuvent pas dépasser 41,95 euros bruts par jour, car le salaire pris en compte est lui-même plafonné à 1,4 fois le Smic, soit 2 552,25 euros par mois.
Les IJ ne sont pas versées tout de suite. En règle générale, la CPAM applique un délai de carence de 3 jours, puis elle verse les indemnités à partir du 4e jour.
Bon à savoir : il n’y a pas toujours de carence de 3 jours. Par exemple, elle disparaît entre deux arrêts séparés par moins de 48 heures, ou en cas d’arrêts successifs liés à une ALD.
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Quel maintien de salaire votre employeur doit-il assurer ?
Votre employeur ne complète pas automatiquement votre salaire dans tous les cas. En effet, la loi impose un complément seulement si vous remplissez plusieurs conditions, notamment 1 an d’ancienneté, l’envoi du certificat médical sous 48 heures et l’ouverture du droit aux IJ.
Le Code du travail numérique rappelle aussi que votre convention collective peut prévoir des règles plus favorables. Ainsi, dans certaines branches, le maintien de salaire commence plus tôt, dure plus longtemps, ou couvre 100% de la rémunération pendant un temps donné.
Quand les conditions légales sont remplies, l’employeur verse un complément après un délai de carence de 7 jours. Ensuite, ce complément permet en principe d’atteindre 90% de la rémunération brute pendant une première période, puis 66,66% pendant une seconde période.
La durée varie selon l’ancienneté. Par exemple, entre 1 et 5 ans d’ancienneté, le salarié peut être indemnisé 60 jours au total : 30 jours à 90%, puis 30 jours à 66,66%.
Comment toucher 100% de votre salaire en arrêt maladie ?
Certaines personnes conservent tout leur revenu pendant un arrêt. Mais cela n’arrive pas grâce à la seule Sécurité sociale.
Pour approcher 100%, il faut souvent cumuler plusieurs mécanismes. D’abord, la CPAM verse les IJ. Ensuite, l’employeur peut verser un complément. Enfin, un contrat de prévoyance collective peut encore compléter la somme.
En d’autres termes, le “100% du salaire” dépend souvent de votre convention collective et de votre régime de prévoyance. C’est pourquoi deux salariés du privé, avec le même salaire brut, peuvent toucher des montants différents pendant le même arrêt.
Il faut aussi penser à la subrogation. Dans ce système, l’employeur reçoit les IJ à votre place, puis il vous verse directement votre paie en tenant compte de ces indemnités.
Bon à savoir : si vous ne voyez pas les indemnités journalières sur votre compte bancaire, cela ne veut pas toujours dire qu’elles manquent. Concrètement, votre employeur les reçoit peut-être en subrogation et les intègre à votre bulletin de paie.
Arrêt maladie de plus de 3 mois ou de plus de 6 mois : que devient votre salaire ?
Plus l’arrêt dure, plus le risque de perte de revenu augmente. En effet, le complément employeur a une durée limitée, alors que l’arrêt peut se prolonger plusieurs mois.
Du côté de la CPAM, les règles changent aussi selon la durée. Jusqu’à 6 mois d’arrêt, vous devez remplir certaines conditions d’activité ou de cotisations. Au-delà de 6 mois, vous devez en plus justifier d’une affiliation d’au moins 12 mois au régime de Sécurité sociale et remplir un seuil d’heures ou de cotisations sur 12 mois.
La durée maximale de versement des IJ est aussi encadrée. En cas général, la Sécurité sociale verse au maximum 12 mois d’IJ sur une période de 3 ans consécutifs. En cas d’ALD, elle peut verser des IJ pendant 3 ans.
Ainsi, un arrêt long ne signifie pas toujours “plus de protection”. Au contraire, après plusieurs mois, beaucoup de salariés constatent une baisse nette de leurs revenus.
Quelles différences pour les fonctionnaires ?
Pour les fonctionnaires, l’arrêt maladie ne se traduit pas par des indemnités journalières de la CPAM comme dans le privé, mais par des congés spécifiques gérés par l’administration (congé de maladie ordinaire, congé de longue maladie, congé de longue durée).
En congé de maladie ordinaire, l’agent reste généralement payé sur la base de son traitement, mais avec une indemnisation qui baisse au fil des mois (par exemple passage d’un quasi plein traitement à un demi‑traitement).
En cas de maladie grave, il peut basculer en congé de longue maladie ou de longue durée, avec une rémunération encore plus dégressive.
En pratique, un agent public ne verra donc pas “IJ + complément employeur” comme dans le secteur privé, mais un traitement qui se réduit progressivement selon le type de congé et la durée de l’arrêt.
Comment vérifier que votre salaire en arrêt maladie est correct ?
La première chose à faire est de relire votre bulletin de paie. Vérifiez la présence des IJ, d’une éventuelle subrogation, du complément employeur, des jours de carence et, si besoin, du complément prévoyance.
Ensuite, comparez votre situation avec les règles légales et votre convention collective. En effet, la loi fixe un minimum, mais votre convention peut prévoir mieux.
Certains signaux doivent vous alerter. Par exemple, une forte baisse sans explication, l’absence de complément alors que vous avez l’ancienneté requise, ou un écart durable entre les IJ attendues et les sommes réellement versées doivent pousser à vérifier le calcul.
Bon à savoir : le versement effectif des IJ par la Sécurité sociale n’est pas une condition pour le droit au complément employeur. En pratique, les IJ servent au calcul du complément, mais l’employeur ne peut pas toujours refuser de compléter votre salaire pour cette seule raison.
Quand faut-il consulter un avocat ?
Un avocat peut vous aider si votre employeur ne maintient pas votre salaire alors que vous remplissez les conditions légales. Il peut aussi vérifier si votre convention collective prévoit un maintien plus favorable que celui appliqué sur votre paie.
L’aide d’un avocat est aussi utile en cas de subrogation mal gérée. Par exemple, si l’employeur reçoit les IJ mais ne les répercute pas correctement sur votre bulletin, un contrôle précis s’impose.
Enfin, il faut se faire accompagner si l’arrêt maladie s’accompagne d’autres difficultés. C’est notamment le cas en présence d’une pression au retour, d’un licenciement envisagé, d’une inaptitude ou d’un conflit sur la rémunération.
Pour aller plus loin
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FAQ sur l’arrêt maladie et le salaire
Perd-on toujours de l’argent en arrêt maladie ?
Non, pas toujours. Cependant, beaucoup de salariés touchent moins que leur salaire habituel, sauf si l’employeur et la prévoyance complètent suffisamment les IJ.
Qui paie pendant un arrêt maladie ?
La CPAM verse les indemnités journalières. Ensuite, l’employeur peut verser un complément de salaire, et une prévoyance peut aussi intervenir selon le contrat collectif.
Les 3 premiers jours sont-ils payés ?
En principe, la CPAM ne paie pas les 3 premiers jours d’arrêt. En revanche, une convention collective ou un régime plus favorable peut limiter cette perte.
Peut-on toucher 100% de son salaire en arrêt maladie ?
Oui, c’est possible dans certains cas. Mais cela dépend du cumul entre les IJ, le complément employeur et la prévoyance de l’entreprise.
Que faire si le montant versé semble faux ?
Il faut d’abord vérifier le bulletin de paie, l’attestation IJ et la convention collective. Ensuite, si le doute persiste, un avocat en droit du travail peut calculer les sommes dues et contester l’erreur.
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