L’abus de biens sociaux constitue l’une des infractions pénales les plus redoutées par les dirigeants d’entreprise. Pourtant, beaucoup ignorent encore ce qui caractérise réellement un abus de biens sociaux, dans quelles situations il peut être reproché, et quelles sanctions le Code pénal prévoit.
En pratique, cette infraction ne vise pas seulement les grandes affaires médiatisées. Elle concerne aussi des situations du quotidien : utilisation de la carte bancaire de la société, mise à disposition d’un véhicule, paiement de frais personnels.
Dès lors, comprendre les règles permet d’éviter des erreurs lourdes de conséquences.
Table des matières
Abus de biens sociaux : définition juridique
En droit pénal des affaires, l’abus de biens sociaux désigne le fait, pour un dirigeant, d’utiliser les biens, le crédit ou les pouvoirs de la société à des fins personnelles, au détriment de l’intérêt social, et en toute mauvaise foi.
Autrement dit, le dirigeant fait passer ses intérêts avant ceux de la société.
Ainsi, le droit pénal sanctionne non pas une mauvaise décision économique, mais un comportement déloyal.
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Ce que prévoit le Code pénal en matière d’abus de biens sociaux
Même si l’infraction figure dans le Code de commerce, elle relève pleinement du droit pénal.
Les textes applicables sont :
- l’article L241-3, 4° du Code de commerce pour les SARL,
- l’article L242-6, 3° du Code de commerce pour les SA.
Ces dispositions sanctionnent le dirigeant qui détourne les ressources de la société :
- soit pour son intérêt personnel,
- soit pour favoriser une autre structure dans laquelle il possède un intérêt.
Par conséquent, le simple fait d’avoir la qualité de dirigeant suffit à exposer à ce risque pénal.
Bon à savoir : Le remboursement des sommes détournées n’efface pas l’infraction pénale.
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- régler des dépenses personnelles avec la carte bancaire de l’entreprise,
- faire financer des travaux privés par la société,
- utiliser un véhicule de société à des fins strictement personnelles,
- accorder un prêt à une autre société contrôlée par le dirigeant,
- régler des dettes personnelles avec les fonds sociaux.
- l’intention du dirigeant,
- l’existence d’un avantage personnel,
- le préjudice causé à la société.
- les gérants de SARL,
- les présidents ou dirigeants de SA et de SAS,
- les dirigeants de fait, même sans titre officiel.
- un proche qui bénéficie de paiements injustifiés,
- une société qui reçoit des fonds détournés en connaissance de cause.
- 5 ans d’emprisonnement,
- 375 000 € d’amende,
- des peines complémentaires, comme l’interdiction de gérer.
Quelles conditions permettent de caractériser un abus de biens sociaux ?
Pour retenir un abus de biens sociaux, la jurisprudence exige trois éléments cumulatifs.
1. Une utilisation des biens ou du crédit de la société
Le dirigeant utilise un actif social : argent, matériel, véhicule, compte bancaire ou même la réputation de l’entreprise.
Concrètement, toute ressource appartenant à la société peut entrer dans cette catégorie.
2. Un usage contraire à l’intérêt social
Ensuite, cet usage doit nuire à la société.
Par exemple, il peut appauvrir l’entreprise, la fragiliser financièrement ou l’exposer à un risque inutile.
3. La mauvaise foi du dirigeant
Enfin, le dirigeant agit en connaissance de cause.
Il sait que son comportement sert un intérêt personnel et porte atteinte à la société.
👉 Ainsi, une simple erreur de gestion ne suffit pas à caractériser l’infraction.
Abus de biens sociaux : exemples concrets
En pratique, les juridictions retiennent l’abus de biens sociaux dans de nombreuses situations.
Par exemple, constitue un abus de biens sociaux le fait de :
Cependant, le montant en jeu importe peu.
Même une somme modeste peut suffire si les conditions sont réunies.
Abus de biens sociaux ou simple faute de gestion ?
Cette distinction reste essentielle.
D’un côté, la faute de gestion relève du droit civil ou commercial.
De l’autre, l’abus de biens sociaux relève du droit pénal.
La frontière dépend principalement de :
Ainsi, une décision économiquement discutable n’entraîne pas automatiquement une infraction pénale.
Qui peut être poursuivi pour abus de biens sociaux ?
La loi vise uniquement certains profils.
Peuvent être poursuivis :
En revanche, un simple associé ou un salarié ne peut pas être poursuivi pour abus de biens sociaux, sauf s’il participe activement à l’infraction.
Bon à savoir : Le délai de prescription commence souvent à courir au moment de la révélation des faits, et non à leur commission.
Le recel d’abus de biens sociaux : une infraction distincte
Le recel d’abus de biens sociaux concerne la personne qui profite sciemment du détournement, sans en être l’auteur principal.
Par exemple :
Dans ce cas, la loi prévoit les mêmes sanctions pénales que pour l’auteur de l’abus.
Quelles sanctions prévoit le Code pénal ?
Les sanctions restent particulièrement sévères.
Le dirigeant reconnu coupable encourt :
Par ailleurs, la société peut engager une action civile afin d’obtenir réparation du préjudice subi.
Pourquoi se faire accompagner par un avocat ?
Ces dossiers reposent sur des analyses complexes : comptes sociaux, flux financiers, intentions du dirigeant.
Dès lors, l’accompagnement par un avocat permet d’anticiper les risques, de qualifier juridiquement les faits et de préparer une stratégie adaptée.
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