En principe, une entreprise répond seule de ses dettes et de ses fautes. Le dirigeant agit au nom de la société et bénéficie d’une protection liée à la personnalité morale de celle-ci.
Toutefois, le droit français prévoit plusieurs exceptions importantes : dans certaines situations précises, la responsabilité du dirigeant peut être engagée à titre personnel, sur le plan civil, pénal ou fiscal.
Cet article explique dans quels cas un dirigeant peut être personnellement poursuivi, par qui, sur quels fondements juridiques et avec quelles conséquences concrètes.
Table des matières
La responsabilité du dirigeant : le principe de séparation entre la société et son dirigeant
Le dirigeant (gérant de SARL, président de SAS, directeur général, administrateur…) représente la société et agit pour son compte.
En droit, la société dispose d’une personnalité juridique distincte de celle de son dirigeant.
Cela signifie que :
- les dettes de l’entreprise sont, en principe, supportées par la société,
- les fautes commises dans l’activité normale engagent la société, non le dirigeant.
La responsabilité du dirigeant n’est donc pas automatique.
Bon à savoir : Le dirigeant n’est pas responsable des dettes de la société par principe.
Sa responsabilité personnelle n’est engagée que dans des cas strictement encadrés par la loi ou la jurisprudence.
Découvrez nos avocats experts en droit des entreprises
La responsabilité civile du dirigeant : quand une faute personnelle peut être reprochée
Elle peut être engagée lorsque le dirigeant commet une faute, que cette faute cause un préjudice, et qu’il existe un lien direct entre les deux.
La faute de gestion : notion centrale
La faute de gestion peut recouvrir de nombreuses situations, notamment :
- des décisions contraires à l’intérêt social,
- une gestion manifestement imprudente ou désorganisée,
- l’absence de contrôle comptable,
- la poursuite d’une activité déficitaire sans perspective réaliste,
- le non-respect d’obligations légales essentielles.
Le juge apprécie toujours la situation au cas par cas, en tenant compte du contexte, de la taille de l’entreprise et des informations dont disposait le dirigeant au moment des faits.
Bon à savoir : Une faute de gestion n’est pas une simple erreur.
Une décision économiquement défavorable, prise de bonne foi, ne suffit pas à engager la responsabilité personnelle du dirigeant.
Besoin d'un avocat pour votre entreprise ?
- la société elle-même, par l’intermédiaire de ses associés (action sociale),
- les associés, s’ils subissent un préjudice personnel distinct,
- le liquidateur judiciaire, en cas de procédure collective.
- personnellement commis une infraction,
- ou laissé commettre une infraction qu’il avait le pouvoir d’empêcher.
- l’abus de biens sociaux,
- la présentation de comptes inexacts,
- la distribution de dividendes fictifs,
- le travail dissimulé,
- certaines infractions au droit du travail ou à la réglementation environnementale.
- les comportements frauduleux,
- l’organisation volontaire de l’insolvabilité de la société,
- les manquements répétés et intentionnels aux obligations fiscales.
- une interdiction de gérer,
- une faillite personnelle,
- des sanctions professionnelles limitant l’exercice futur de fonctions de direction.
- documenter les décisions importantes,
- respecter les obligations comptables et légales,
- réagir rapidement en cas de difficultés financières,
- mettre en place des délégations de pouvoirs valables,
- se faire accompagner en amont par des professionnels compétents.
- en prévention, pour sécuriser les décisions,
- en situation de crise (contrôle, difficultés financières),
- en cas de poursuites, pour assurer la défense du dirigeant.
- La responsabilité du dirigeant n’est pas automatique
- Elle peut être civile, pénale ou fiscale
- Certaines fautes peuvent entraîner des conséquences personnelles importantes
- L’anticipation et le conseil juridique restent les meilleurs outils de protection
Qui peut engager la responsabilité civile du dirigeant ?
Plusieurs acteurs peuvent agir contre un dirigeant sur le terrain civil :
Dans certains cas, le dirigeant peut être condamné à verser des dommages et intérêts sur ses biens personnels.
La responsabilité pénale du dirigeant : une responsabilité toujours personnelle
En matière pénale, le principe est clair : nul n’est pénalement responsable que de son propre fait.
Un dirigeant peut donc être poursuivi s’il a :
Les infractions les plus fréquentes impliquant la responsabilité pénale du dirigeant sont notamment :
Les sanctions peuvent inclure des amendes, des peines d’emprisonnement et des interdictions de gérer.
Bon à savoir : La responsabilité pénale du dirigeant est toujours personnelle.
Même si l’infraction est commise dans le cadre de l’entreprise, le dirigeant peut être poursuivi à titre individuel.
La responsabilité fiscale du dirigeant : un risque sous conditions strictes
En principe, les dettes fiscales sont dues par la société.
Toutefois, l’administration fiscale peut engager la responsabilité personnelle du dirigeant lorsqu’il a, par des manœuvres graves, rendu impossible le recouvrement de l’impôt.
Cela vise notamment :
Dans ces situations, le dirigeant peut être condamné à payer personnellement les impôts dus par la société.
Responsabilité du dirigeant et procédures collectives
Lorsque l’entreprise est placée en redressement ou liquidation judiciaire, la situation du dirigeant est examinée avec une attention particulière.
L’action en comblement de passif
Si une faute de gestion a contribué à l’insuffisance d’actif, le tribunal peut condamner le dirigeant à supporter tout ou partie du passif social sur son patrimoine personnel.
Autres sanctions possibles
Le tribunal peut également prononcer :
A LIRE : SARL ou SAS : comment choisir le bon statut pour votre entreprise ?
Le dirigeant peut-il limiter ou éviter sa responsabilité ?
Un dirigeant ne peut jamais éliminer totalement le risque, mais il peut le réduire fortement en adoptant de bonnes pratiques :
A LIRE : Responsabilités pénales dans les affaires : Comment protéger son entreprise ?
Pourquoi se faire accompagner par un avocat en droit des affaires ?
La responsabilité du dirigeant est une matière complexe, à la croisée du droit des sociétés, du droit pénal et du droit fiscal.
Un avocat peut intervenir :
Un accompagnement juridique précoce permet souvent d’éviter des conséquences personnelles lourdes.
Ce qu’il faut retenir
Vous êtes dirigeant et vous vous interrogez sur votre exposition personnelle ?
Un avocat en droit des affaires peut vous aider à analyser votre situation et à sécuriser vos décisions.
Donnez votre avis sur cet article