Lorsqu’un proche décède, devenir héritier ne constitue pas toujours une bonne nouvelle. En effet, une succession peut dissimuler des dettes importantes, une situation patrimoniale confuse ou des conflits familiaux durables. Or, en droit français, accepter un héritage n’est jamais une obligation. Il est donc possible de refuser une succession, à condition de respecter une procédure précise et des délais stricts. Dans cet article, nous expliquons si l’on peut refuser un héritage, pourquoi ce choix peut être pertinent et comment procéder concrètement.
Table des matières
Peut-on légalement refuser un héritage en France ?
Oui, le droit français autorise clairement le refus d’un héritage.
Le Code civil prévoit que toute personne appelée à une succession dispose d’un choix : accepter ou renoncer. Ainsi, un héritier peut refuser la succession et se dégager totalement, aussi bien des biens que des dettes.
Ce principe figure aux articles 768 et suivants du Code civil.
👉 En pratique, refuser un héritage constitue un droit pleinement reconnu par la loi.
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Pourquoi refuser un héritage peut être une décision raisonnable
Dans de nombreuses situations, refuser un héritage représente une décision prudente.
En effet, en cas d’acceptation pure et simple, l’héritier devient responsable des dettes du défunt, parfois au-delà de la valeur des biens transmis. Dès lors, un passif important peut exposer l’héritier à des difficultés financières durables.
De plus, d’autres raisons peuvent justifier un refus :
- un passif supérieur à l’actif ;
- des dettes fiscales ou bancaires élevées ;
- une indivision conflictuelle ;
- un patrimoine difficile à gérer ;
- la volonté de laisser la succession à d’autres héritiers.
👉 Ainsi, refuser un héritage permet d’éviter des risques financiers et juridiques.
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- soit au greffe du tribunal judiciaire du lieu d’ouverture de la succession ;
- soit par l’intermédiaire d’un notaire.
- il ne reçoit aucun bien ;
- il ne règle aucune dette ;
- il n’intervient plus dans la gestion de la succession.
- analyser la situation financière réelle de la succession ;
- identifier les dettes éventuelles ;
- conseiller entre refus et acceptation à concurrence de l’actif net ;
- sécuriser la procédure.
- Oui, il est possible de refuser un héritage.
- Cette décision permet d’éviter d’hériter de dettes.
- Le refus suppose une démarche formelle.
- Il est global et, le plus souvent, définitif.
- Un accompagnement juridique limite les erreurs.
Les trois choix possibles face à une succession
Lorsqu’une personne est appelée à une succession, le droit français lui offre trois options distinctes.
Accepter purement et simplement la succession
Dans ce cas, l’héritier reçoit les biens. Toutefois, il assume également toutes les dettes, sans aucune limite.
Accepter la succession à concurrence de l’actif net
Ici, l’héritier accepte la succession, mais uniquement dans la limite de ce qu’elle contient. Par conséquent, son patrimoine personnel reste protégé.
Refuser la succession
Enfin, l’héritier refuse la succession. Dans ce cas, il ne reçoit rien et ne paie aucune dette.
Bon à savoir : Le refus d’un héritage est global. Autrement dit, il est impossible de refuser uniquement les dettes tout en conservant certains biens.
Comment refuser un héritage : la procédure à suivre
Refuser un héritage nécessite une démarche formelle. En effet, une simple déclaration orale ne suffit pas.
L’héritier doit déposer une déclaration de renonciation à succession :
Une fois cette déclaration enregistrée, le refus produit ses effets juridiques.
Quels sont les délais pour refuser un héritage ?
En principe, l’héritier dispose d’un délai de 10 ans pour refuser une succession. Toutefois, ce délai peut être raccourci.
En effet, après quatre mois suivant le décès, un autre héritier ou un créancier peut contraindre la personne appelée à la succession à se prononcer. Dans ce cas, elle dispose de deux mois pour accepter ou refuser.
Bon à savoir : Le silence ne vaut pas refus. Tant que l’héritier n’a pas formalisé sa décision, il reste juridiquement concerné par la succession.
Quelles sont les conséquences du refus d’un héritage ?
Lorsqu’un héritier refuse une succession, la loi le considère comme n’ayant jamais été héritier.
Concrètement :
Par conséquent, sa part revient aux autres héritiers ou, à défaut, à l’État.
Peut-on revenir sur un refus d’héritage ?
Oui, mais uniquement dans des conditions très strictes.
L’héritier peut revenir sur sa décision tant que la succession n’a pas été acceptée par un autre héritier et dans le délai de 10 ans. En revanche, dès qu’un autre héritier accepte la succession, le refus devient définitif.
Bon à savoir : Une fois le refus définitif, l’héritier ne peut plus revendiquer les biens, même si leur valeur augmente par la suite.
Que se passe-t-il si tous les héritiers refusent la succession ?
Lorsque tous les héritiers refusent, la succession devient vacante. Dans ce cas, l’État en assure la gestion. Il liquide les biens et règle les dettes dans la limite de l’actif.
Ainsi, aucun héritier ne supporte un éventuel déficit.
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Pourquoi se faire accompagner avant de refuser un héritage
Refuser un héritage entraîne des conséquences définitives. Dès lors, il est essentiel d’agir avec prudence.
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