Porter plainte pour diffamation permet de se défendre lorsque des propos publics portent atteinte à la réputation d’une personne ou d’une organisation.
La condamnation définitive de Marine Le Pen pour diffamation envers la Cimade illustre concrètement ce qu’est un propos diffamatoire en droit, où s’arrête la liberté d’expression, et comment une procédure judiciaire peut aller jusqu’à une condamnation définitive.
Table des matières
Que s’est-il passé concrètement dans cette affaire ?
En janvier 2022, lors d’un entretien diffusé à la télévision, Marine Le Pen affirme que certaines associations humanitaires sont « parfois complices des passeurs ».
Elle vise ensuite explicitement la Cimade, en déclarant que cette association organiserait une « filière d’immigration clandestine » à Mayotte.
Ces propos ne restent pas généraux ou abstraits. Ils désignent une association identifiable, et lui imputent des faits précis et graves, assimilables à des infractions pénales.
La Cimade décide alors de porter plainte pour diffamation, estimant que ces déclarations portent atteinte à son honneur et à sa réputation.
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Qu’est-ce qu’un propos diffamatoire en droit ?
En droit français, la diffamation est strictement définie par la loi.
Selon l’article 29 de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse, il y a diffamation lorsqu’une personne affirme ou impute un fait précis à autrui, si ce fait porte atteinte à l’honneur ou à la considération.
Concrètement, trois éléments doivent être réunis :
- un fait précis (et non une opinion vague),
- une atteinte à la réputation,
- une diffusion publique (médias, réseaux sociaux, télévision, etc.).
Bon à savoir : Dire « je n’aime pas cette association » relève de l’opinion. Dire « cette association organise une filière illégale » constitue une imputation de faits.
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- les propos visaient une association nommément désignée ;
- ils imputaient des faits précis, assimilables à une activité criminelle ;
- ces faits n’étaient pas démontrés ;
- la diffusion s’est faite dans un cadre médiatique national.
- d’accuser quelqu’un de faits pénalement répréhensibles sans preuve ;
- d’assimiler une personne ou une organisation à des activités criminelles ;
- de présenter des soupçons comme des faits établis.
- l’opinion, qui reste libre ;
- l’accusation factuelle, qui engage la responsabilité de son auteur.
- Identifier précisément les propos (date, média, auteur).
- Vérifier qu’il s’agit bien d’un fait précis, et non d’une opinion.
- Agir rapidement : le délai est en principe de trois mois à compter de la publication.
- Saisir la juridiction compétente, souvent par citation directe.
- des propos tenus publiquement peuvent engager une responsabilité pénale ;
- une association, une entreprise ou un particulier peut porter plainte pour diffamation ;
- la justice protège la réputation, même face à des discours médiatisés.
- La diffamation repose sur l’imputation de faits précis et non prouvés.
- La liberté d’expression a des limites clairement fixées par la loi.
- Une condamnation devient définitive après le rejet d’un pourvoi.
- Porter plainte pour diffamation nécessite rigueur et réactivité.
Pourquoi les propos de Marine Le Pen ont-ils été jugés diffamatoires ?
Dans cette affaire, la justice a estimé que :
Les juges ont donc considéré que ces déclarations dépassaient le simple débat politique.
Elles présentaient une accusation factuelle, susceptible de discréditer durablement l’association.
Pour aller plus loin : Diffamation : Tout savoir en 5 points.
Liberté d’expression : pourquoi n’a-t-elle pas protégé ces propos ?
La liberté d’expression constitue un principe fondamental. Elle protège le droit de critiquer, débattre et exprimer des opinions, y compris politiques.
Cependant, cette liberté connaît des limites.
Elle ne permet pas :
La justice opère donc une distinction essentielle :
Bon à savoir : Le statut de personnalité politique n’accorde aucune immunité en matière de diffamation.
Que signifie “condamnation définitive” ?
Après la décision de la cour d’appel, Marine Le Pen a formé un pourvoi en cassation.
Cela signifie qu’elle a demandé à la Cour de cassation de vérifier si les juges avaient correctement appliqué le droit.
La Cour de cassation ne rejoue pas le procès. Elle ne réexamine pas les faits.
Elle contrôle uniquement si la loi a été respectée.
En rejetant le pourvoi, la Cour de cassation a confirmé la décision précédente.
👉 La condamnation est donc devenue définitive : plus aucun recours n’est possible sur cette affaire.
Bon à savoir : Une condamnation définitive signifie que le litige est juridiquement clos.
Comment porter plainte pour diffamation en pratique ?
Cette affaire permet de comprendre les grandes étapes pour porter plainte pour diffamation :
Pourquoi cette affaire concerne aussi les particuliers ?
Même si cette affaire implique une personnalité politique, elle concerne tout le monde.
Elle montre que :
Cette décision rappelle aussi que relayer une accusation, la reformuler ou l’amplifier peut suffire à engager sa responsabilité.
Ce qu’il faut retenir
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