👉 La Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) a condamné la France pour ses lacunes juridiques en matière de consentement sexuel, dans une affaire où deux adultes avaient signé un “contrat maître/chienne” encadrant leurs pratiques sadomasochistes. L’arrêt rappelle un principe fondamental : le consentement sexuel doit être libre, actuel et révocable, et aucun contrat écrit ne peut le figer.
Table des matières
Qu’est-ce qu’un contrat de consentement sexuel ?
L’expression “contrat de consentement sexuel” est apparue dans certaines affaires liées à des pratiques sexuelles particulières, comme le sadomasochisme. L’idée est que deux partenaires rédigent un document précisant leurs limites, leurs rôles et les pratiques acceptées.
Mais d’un point de vue juridique, un tel contrat n’a aucune valeur :
- Il ne peut pas justifier un acte sexuel non consenti au moment où il a lieu.
- Le droit français considère que l’intégrité du corps humain est indisponible : on ne peut pas céder par avance le droit de dire non.
- Le consentement ne peut être que ponctuel, au moment de chaque acte.
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Pourquoi la CEDH a-t-elle condamné la France ?
Dans l’affaire jugée le 4 septembre 2025, une salariée avait signé un contrat “maître/chienne” avec son supérieur hiérarchique. Après plusieurs années de relation, elle a porté plainte pour violences sexuelles, harcèlement et torture.
La justice française avait retenu la validité du contrat comme élément de consentement, relaxant l’accusé en 2021. Mais la CEDH a jugé que :
- la France avait failli à son obligation de protéger les victimes,
- les enquêtes nationales avaient été incomplètes et trop longues,
- surtout, le consentement ne peut pas être présumé d’un engagement écrit passé.
La France est donc condamnée pour violation de la Convention européenne des droits de l’homme, et devra verser une indemnisation à la victime.
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- Le consentement doit être libre : il ne peut résulter de pressions, menaces ou d’un rapport hiérarchique déséquilibré.
- Le consentement doit être actuel : il doit être exprimé au moment de l’acte sexuel.
- Le consentement est révocable : on peut à tout moment revenir sur sa décision, même si un accord écrit existe.
- que les juges français ne pourront plus se fonder sur un contrat pour écarter une plainte,
- que le consentement écrit ou implicite ne suffit pas,
- que l’évaluation devra toujours porter sur le moment exact de l’acte et les circonstances.
Consentement sexuel : quels sont les principes juridiques ?
La CEDH rappelle trois règles essentielles :
En droit français, l’article 222-23 du Code pénal définit le viol comme tout acte sexuel commis sans le consentement de la victime. Un contrat de consentement sexuel n’est donc pas un outil juridique reconnu : il ne protège pas l’auteur d’actes non consentis et ne retire pas à la victime son droit de porter plainte.
Quelles conséquences pour le droit français ?
Cette affaire pourrait amener la France à clarifier encore davantage la définition du consentement sexuel dans sa législation. La CEDH insiste sur la nécessité d’avoir des règles claires, précises et effectives, et de former les juges et enquêteurs à mieux appréhender la notion de consentement.
En pratique, cela signifie :
Bon à savoir : La loi française de 2021 a déjà renforcé la protection des mineurs en fixant un seuil d’âge clair de non-consentement. Mais pour les adultes, la notion reste appréciée par les juges, au cas par cas. L’arrêt de la CEDH vient durcir cette interprétation.
A retenir
Un contrat de consentement sexuel ne constitue pas une protection juridique et n’a aucune valeur devant la justice. La condamnation de la France par la CEDH rappelle que le consentement doit être libre, actuel et révocable. Aucun engagement écrit ne peut justifier des violences sexuelles ou retirer à une personne le droit de dire non.
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